Histoire de la Nouvelle Knêdée


Il y a près de quatre siècles, l’Empire de Knêdée tomba dans la décadence, reniant les traditions ancestrales. Parmi le peuple de la pieuse colonie knêdéenne de Mékitéa la gronde monta. L’Empire délaissa cette colonie située de l’autre côté de l’océan, à des semaines de navigation. Plus aucune ressource ne leur fut envoyée, le Guet était laissé à l’abandon, quant aux pèlerins plus aucun ne traversait l’océan pour honorer le pèlerinage du Sanctuaire.

De plus à cette époque, cela faisait près d’une centaine d’années que la colonie de Knêdée avait été envahie par l’Empire Aldsan à cause du manque flagrant de soldats pour la protéger. Les colons restaient fidèles aux vieilles traditions et désiraient garder la grande culture knédéenne intacte malgré l’envahisseur dans l’espoir qu’un jour la puissance de la Grande Knêdée tombe sur leurs ennemis. Le prestigieux professeur Bakanim, mathématicien, historien, philosophe et théologien de son état fit durant des décennies des allers et retours entre la colonie qui désespérait d’être sauvée et la cour de Tamaka de Knêdée dirigeant de l’Empire. 

L’Empereur Tamaka qui dirigeait la Knêdée était connu pour être un soûlard idiot se montrant en public dans la pire débauche. Ses abus menèrent à l’exaspération des colonies qui voyaient en cet homme la plus grande honte de toute la Knêdée. Le Professeur Bakanim qui en désespoir de pouvoir ramener une armée de ses nombreux voyages n’avait que les récits des orgies impériales et de son absence de préoccupation pour son peuple tant que son outre de vin était remplie.

En 1215 après 160 ans d’occupation aldsanite, Bakanim commença à préparer une offensive pour reprendre la colonie des mains de l’Empire Aldsan. Cela se ferait le jour de la fête de d’Elenchos le plus grand de tous les dieux. L’Empereur Zengu de Aldsan avait prévu de se rendre en visite à la capitale de la colonie afin de diriger les festivités.
Durant les festivités, alors que la fête battait son plein, et que les couteaux de la révolte commençaient à sortir de l’ombre, un gigantesque tremblement de terre secoua toute la capitale et sa région, ce fut un événement extrêmement tragique qui eut raison de nombreux soldats aldsanites ainsi que de l’Empereur Zengu lui-même. La capitale fut totalement ravagée et par chance, les catacombes où se cachait Bakanim et son groupe révolutionnaire furent épargnées par le désastre.

Après la fin du tremblement de terre dévastateur qui avait fait sombrer sous les eaux une grande partie de la ville, la révolution, menée par le Professeur Bakanim éclata. La révolte ne dura que très peu de temps et ne fit pour seules victimes que les statues et les effigies de l’Empereur Tamaka de Knêdée ainsi que celles représentant l’Empire Aldsan. 
Le reste de l’armée aldsanite préférant fuir face à la mort de leur Empereur, la colonie était enfin libre.

Après cette révolte et ce tremblement de terre, l’Empire de Knêdée ne leva pas le petit doigt. Perdus dans leur oisiveté, ils ne se préoccupèrent pas de l’état d’une colonie bien éloignée de la capitale impériale.

C’est à ce moment-là que le peuple de la colonie abandonnée par son Empire décida de prendre son indépendance. Le premier consul fut le Professeur Bakamin et sa légende est encore racontée au travers de contes de nos jours.

Quelques traits caractéristique


Les Knédéens et Knédéennes sont grands et élancés et mettent beaucoup en avant la bonne santé du corps et de l’esprit pour être en cohésion avec leur croyance.

Souvent habillés de lin qui peut prendre la forme d’un chiton ou d’un exomide. Lorsque l’hiver vient un himation n’est pas de refus, c’est un ample manteau mis par-dessus le chiton.

Les soldats pour être plus à l’aise et éviter que leur manteau ne glisse sur le champ de bataille portent un manteau court ,agrafé à l’épaule, appelé chlamyde.

Ainsi, on retrouve le lin dans toutes les couches sociales des habitant de la Nouvelle Knêdée. Mais la teinte varie en fonction du rang. Les esclaves, paysans et autres petits artisans portent un lin aux teintes naturelles qui peut être beige, brun, voir blanc cassé. Bien entendu, chez les citoyens, les fantaisies colorées produisent des vêtements aux nuances éclatantes de l’arc-en-ciel.

La République


La Nouvelle Knêdée fonctionne sous un système de démocratie, sous la direction d’un Consul élu par les citoyens.

Lorsque l’on vient d’un pays étranger, l’on ne peut obtenir la citoyenneté facilement, il faut la mériter, en attendant on a le titre de Barbare ou d’esclave. 

Il y a deux manières de devenir citoyen, soit par la Guerre en rentrant dans la main de l’Hydre et en survivant à 3 grandes batailles, soit en servant en tant qu’esclave un autre citoyen sur une période de 20 ans.

Chaque citoyen a voix au chapitre concernant toutes les lois proposées par le Consul, le gouvernement ou directement par un citoyen qui a suffisamment mis en avant sa proposition dans les théâtres de débats.

La particularité est que pour ne pas rendre la politique trop invasive dans la vie des citoyens, il leur est donné possibilité d’établir une procuration pour leurs votes dans un domaine précis et sur lequel le citoyen se définit comme ignorant ou désintéressé. Le citoyen est un acteur majeur de la politique knêdéenne et le Consul et les Grands Généraux doivent souvent justifier leurs actions devant l’assemblée citoyenne. Trois réponses sont possibles : la Glorification, la Huée Générale ou la Destitution.

La Veillée


Exception dans la démocratie knêdéene, les veilleurs sont souvent issus de l’aristocratie. Ils sont choisis directement par le Consul et leur but est simple : veiller à la préservation des traditions et des coutumes knêdéenes. Leur pouvoir est très étendu, ils peuvent censurer la Voix et l’Âme s’ils jugent que les lois votées vont à l’encontre de la tradition. Ils possèdent aussi un pouvoir judiciaire pouvant outrepasser celui de la magistrature knêdéene. Ils n’ont aucune limite de mandat.

L’Armée


L’armée knêdéenne comprend deux corps principaux. L’un composé de soldats professionnels, l’autre des citoyens knêdéens. Tous deux sont caractérisés par un fort sens de l’honneur et par la doctrine d’un esprit sain dans un corps sain. Bien qu’ils aiment le combat, les joutes et autres démonstrations de forces militaires, ils ne négligent pas pour autant la ruse et la stratégie, car ils savent une guerre peut être gagnée juste avec un esprit brillant sans verser une seule goutte de sang knêdéen.

Les corps sont divisés en plusieurs Mains et chacune représente une spécialité au combat, ce qui rend l’armée Knédéenne très efficace. Chaque main est nommée selon un animal dédié à la Déesse Efféra dite “La plus forte” Déesse de la lumière, de la guerre et de la stratégie.

Culte et Religion


Les caractères dominants de la religion knêdéenne sont un polythéisme, des dieux anthropomorphes munis d’attributs (foudre, trident, arc et flèches, égides, etc.), jouissant de pouvoirs pléthoriques, ayant des secteurs d’intervention, des modes d’actions propres, et dotés d’une mythologie avec leurs héros. Mais chacune de ces divinités n’existe que par les liens qui l’unissent au système divin global.

Chacun d’eux peut être invoqué sous divers aspects en fonction du lieu, du culte et de la fonction qu’il remplit (Justice, Nature, lumière, guerre, etc). 

En général, on demande l’accès à une faveur par une prière, mais il est du bon vouloir des dieux d’y accorder une importance. Ils sont connus pour être capricieux et demandent parfois en sacrifice des choses qui peuvent sembler absurdes pour tout mortel.

La religion n’est pas l’affaire d’une croyance privée, elle est avant tout publique et concerne la communauté, d’où ses implications importantes dans la vie politique. En fait, elle ne se cantonne pas à certaines sphères de la vie quotidienne, mais peut concerner tous ses aspects.

La personne chargée de diriger les actes religieux par des rites sacrés se nomme le Hiéros. Le ou la Hiéros est intégré(e) à la société civile : le clergé n’apparaît en apparence pas à proprement parler comme une caste sociale, mais mieux comme une fonction administrative de la société.

Souvent, le Hiéros est un fonctionnaire élu pour 10 ans, la prêtrise apparaissant comme une charge d’État. Pendant son mandat, le Hiéros n’est investi de ses fonctions que lors des actes liturgiques et non pas en dehors de ces moments. Il n’existe d’ailleurs pas de clergé knêdéen hiérarchisé et organisé comme institution autonome, le Hiéros apparaissant comme une fonction essentiellement publique, voire politique. 

Celui-ci est élu par vote des citoyen de la cité, souvent sur son empathie, son respect de la tradition ou de par son contact spirituel avec les dieux. Certains des Hiéros sont élus pour leurs compétences dans un domaine et leur attachement à un dieu précis. Il est possible pour un Juge reconnu par exemple d’être élu Hiéros de Thanatès de part ses qualités à faire régner la justice.

Les places étant très restreintes, il arrive souvent que l’élection d’un nouveau Hiéros soit à la fois une bataille spirituelle, mais aussi politique entre plusieurs candidats ayant une vision de la religion très différente, car celui-ci aura malgré lui beaucoup d’influence sur la spiritualité des citoyens lors de son mandat. 
Il peut même arriver que de véritables complots soient mis en place pour positionner une personne précise à la fonction de Hiéros. Il y a en moyenne dix Hiéros pour une grande cité et un ou deux pour une ville moyenne ou pour un village. 

L’âge héroïque et leur héritiers


À une époque ancestrale d’une façon mystérieuse, des héros et des monstres sont nés dans l’ancienne colonie que deviendra la Nouvelle Knêdée, traversant l’histoire en la marquant de leur main : Méléphas le fondateur de la cité d’Anthiosa, qui possédait la force de mille hommes, Kopheas le Tyran de Euphloria qui naquit recouvert d’une carapace plus dure que l’acier ou Otax l’Aveugle qui pouvait deviner les secrets de chacun. 

Avaient ils été engendrés par les dieux ? 

Tous ces héros et ces monstres accomplirent d’incroyables exploits et se livrèrent des batailles titanesques. Cet âge marqua durablement l’histoire de la Nouvelle Knêdée. Cependant, la plupart de ces êtres d’exception connurent un destin tragique. En effet, avoir le sang des Dieux qui coule dans ses veines n’a pas que des avantages, nombreux furent ceux qui perdirent l’esprit. Au bout d’une génération, monstres et héros avaient disparu. De leur vivant, la plupart d’entre eux furent rois, chefs de guerre, seigneurs ou leaders religieux et ils vivaient entourés de courtisanes et courtisans. Ainsi, leur sang divin continua à couler dans les veines de leurs divers enfants et bâtards. Leurs descendants plus ou moins proches vivent encore de nos jours et leurs apparitions ne peuvent être prédites. Ils sont appelés à réaliser de grandes choses s’ils acceptent leurs statuts de Héros et leurs responsabilités ou alors ils finiront traqués tels des bêtes monstrueuses par les Passeurs d’Aurore.

La Magie


La magie est traitée avec crainte et respect en Nouvelle Knêdée. Sa gestion est dédiée au Temple, car elle est d’essence divine. Les enfants montrant des signes de magie sont amenés au temple le plus proche, quelle que soit la divinité principale du temple, pour être questionnés sur leurs magie.

Chaque temple est dédié à un dieu et chaque apprentissage est unique. Une fois, cet apprentissage fini, soit le mage explore le monde sous haute surveillance d’un Passeur d’Aurore durant de courts voyages dépassant rarement les deux ans pour en apprendre plus, soit ils rejoignent la Main de la Chimère en tant que mages offensifs soient ils restent au Temple pour parfaire leurs connaissances.
Un mage qui perd le contrôle, s’enfuit ou devient fou, de par sa dangerosité, sera chassé par les Passeurs d’Aurore.

Les Passeurs d’Aurore


Quand un mage perd la raison ou semble être une menace pour le peuple Knêdéen, le Temple fait appel à son bras armé, les Passeurs d’Aurore. Ils sont appelés ainsi, car dit-on, ils font passer le crépuscule de la folie de leur esprit, à l’aurore de la civilité. Ce bras armé du Temple est composé d’anciens soldats de la Main du Loup: leur mission ne change guère, si ce n’est qu’ils sont en charge de traquer et de ramener à la raison les mages quand cela est possible. Ce sont des chasseurs de primes de mages. Ce dont il advient des mages renégats n’est pas dit, mais bien des rumeurs circulent et toutes font froid dans le dos. Ils ont aussi pour mission de venir chercher les enfants sensibles à la magie dont les parents auraient négligé de les déclarer au Temple.

Il arrive par moment que certains Passeurs d’Aurore soient affectés à un mage pour lui servir de garde du corps, mais aussi pour surveiller sa potentielle dangerosité au cours d’un voyage.

Les Contes


Le conte est une source de morale, de sagesse, mais aussi de légèreté : ceux-ci sont très répandus en Nouvelle Knêdée. Il est dit que les histoires du célèbre Professeur Bakanim “que tout le monde pense avoir vu, mais que personne n’a remarqué” font le tour des têtes et des cœurs depuis plusieurs générations et que personne n’en connaît  l’auteur d’origine. Ces histoires sont racontées de manière plus ou moins fidèle dans les salons, les tavernes et les écoles. Il est dit qu’il n’y a pas meilleur moyen d’apprendre et de rire qu’auprès d’une bonne histoire.

Le rôle de conteur est un métier à part entière, souvent érudits, il transmet et apprend nombre d’histoires de son pays, mais aussi celles des autres nations.